Jon Hendricks
Recorded in person at the Trident

Jon Hendricks

« Mister No Blues », tel pourrait être le surnom de Jon Hendricks. Non qu'il ne sache pas taquiner la note bleue, mais bien parce que ses textes, ses thèmes, son interprétation explosent de joie. Dans les notes de la pochette originale, Leonard Feather met d'ailleurs l'accent sur cette philosophie : « L'homme prend du bon temps et veut que le public partage son sentiment. Une attitude regardée avec condescendance et suspicion dans certains cercles musicaux modernes. » Déjà en 1965 ? Sur un répertoire dévolu aux standards, Jon Hendricks est tour à tour crooner (« Old folks »), romantique (« One rose »), facétieux (« Shiny silk stockings ») ou truculent (ah, le « Brigitte Bârdâ » de « Gimme that wine » !). Il y a du plaisir et du sourire, de la jouissance et du rire chez ce chanteur dont l'approche hédoniste de la musique n'a pas varié d'un iota depuis quarante ans. D'aucun lui reprocheront ce côté entertainment, variété. Mais c'est aussi là, historiquement, l'une des composantes du jazz. Quel que soit le contexte, qu'il oeuvre en pionnier dans le cadre de son trio avec Dave Lambert et Annie Ross ou qu'il fasse appel à des monstres sacrés comme Al Jarreau ou Tommy Flanagan (sur son dernier enregistrement, Freddie Freeloader), Jon Hendricks s'amuse. D'abord et toujours. Un disque trop court, comme un petit morceau de bonheur inoubliable.

Auteur : Pascal Kober

 

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