Le parcours musical du pianiste Eddie Palmieri est typique de ces artistes latinos qui se sont peu à peu ouverts au jazz, à l'inverse des jazzmen (comme Dizzy Gillespie ou Sonny Rollins) qui se sont ouverts aux musiques afro-cubaines.
Ce n'est qu'au cours des années 50, en effet, que ce disciple de Tito Puente commence à découvrir les travaux de Bud Powell ou Thelonious Monk. Il décide alors d'intégrer des éléments jazz à sa musique.
En ce sens, Palmas, publié en 1993, est une nouvelle
tentative flamboyante d'intégrer les deux mondes musicaux. Le principal
souci de Palmieri, en tant qu'arrangeur, est de respecter la "clave"
(la clé) très stricte de la musique afro-cubaine tout en permettant
à ses solistes d'improviser quelques solos jazz.
Le combo qui l'entoure (essentiellement cuivres et percussions) se tire à
merveille de cet exercice périlleux.